La voie royale vers le dictionnaire et le sens des mots
Apprendre l’Arabe, la langue Arabe, c’est apprendre une science. Jusqu’ici au fil de ces pages, ce n’était encore pas apparu comme une évidence. Avec cette introduction aux racines Arabes, cela vous paraîtra indéniable. Vous apprendrez ici brièvement à quoi correspondent les racines Arabes, puis vous apprendrez surtout à les déterminer, après avoir découvert l’importance de la détermination de la racine d’un mot avant toute recherche dans un dictionnaire Arabe. Une chose d’ailleurs pourrait bien vous donner un sourire heureux et ébahis : connaissant une racine, et connaissant les schèmes de l’Arabe, vous n’aurez même plus besoin d’utiliser le dictionnaire pour en connaître les sens dérivés… Allons y pour faire ce grand pas…
Un exposé plus complet sur les racines Arabes suivra sur une autre page. Pour une brève présentation, disons que chaque mot Arabe, sans exception, noms et verbes, est basé sur trois lettres, ou plus rarement quatre ( à l’inverse, certains mots spéciaux n’en ont que deux ). Je devine bien votre surprise, car les mots Arabes que vous n’avez sûrement pas manqué de voir par curiosité, comportaient souvent bien plus de trois lettres. En effet, ces trois lettres ( ou quatre ) dont il est question ici, constituent le cœur du mot, un peu comme son squelette, sa signature ( scientifiquement, on devrait parler de patterns génériques ). Avec ces racines, on peut ensuite jouer comme avec tout canevas, et y broder, y ajouter ce que l’on veut ; tout comme une note flottante dans un accord parfait de trois notes peut donner toute une gamme d’expression à cette accord, en maintenant pourtant le même accord.
Sur ces trois ( ou quatre ) lettres, d’autres lettres viendront s’ajouter. Mais ces trois lettres sont beaucoup plus importantes que les autres dans la signification du mot, car ce sont elles qui lui donne son sens général et abstrait… un sens abstrait, mais pourtant parfaitement intelligible. Ces lettres forment ce que l’on nomme la racine du mot. Les lettres qu’on y ajoutera ensuite, selon des schémas que vous découvrirez plus tard, concrétisent le sens, en lui donnant un contexte sémantique, qui est lui, à proprement parler strictement abstrait.
Jouons avec des mots français, pour avoir une image plus parlante… prenons le mot « beau/belle ». Imaginez que le mot « beau » soit une racine. En arabe, cette racine serait écrite avec trois lettres ( et cette racine existe effectivement en Arabe, bien sûre ). Alors depuis cette racine, on pourrait obtenir les mots « embellir », « embellissement », « beauté(e) », « embelli(e) », etc. Vous voyez déjà comme en français les lettres constituant ces mots n’ont rien d’invariables. En Arabe on retrouverais pourtant les mêmes lettres dans tous ces mots… on en ajouterait seulement d’autres, précisant une variation sémantique. Le vocabulaire Arabe est ainsi doté d’une constance logique inconnue et inaccessible par les langues Latines.
Pour aller même encore plus loin, imaginez qu’en Arabe, il existe un certain nombre de règles, un nombre tout à fait raisonnable. Ces règles sont parfaitement stables et quasiment sans exceptions. Elles permettent de créer automatique tous les sens que l’on peut logiquement dériver d’une racine. Par cela ( entre autres ) la langue Arabe est véritablement une science, et c’est ce formalisme qui même la rend plus libre. Loin d’en faire une langue froide, comme on le croit généralement de ce qui est formel, cela en fait une langue avec laquelle il est au contraire possible de jouer à sa guise…. l’Arabe est la langue idéal de l’intuition, du cœur et de la poésie. Vous en apprendrez beaucoup plus sur les schèmes dans une prochaine page.
Les sens dérivés, sont produit par applications de schèmes, ce qui fait que connaissant ces schèmes, vous pouvez tout à la fois créer vous même les mots correspond au sens que vous souhaiter exprimer, et également comprendre le sens d’un mot, que vous n’avez même encore jamais rencontré…. non pas par une mystérieuse magie bien sûre, mais par la connaissance préalable tout de même, des racines correspondantes ( qui ne sont que des petites choses de trois, dont on peut dériver des dizaines de sens différents ). Ceci ne signifie pas que le dictionnaire soit inutile, et rien ici ne se veut vous pousser dans ce paradoxe : le dictionnaire est important pour faire des découvertes et apprendre, au moins les racines lexicales Arabe.
Une langue comme le français est le plus souvent un frein à l’écoulement de la pensée conjointement à l’écoulement de l’écriture. La pensée et l’écriture y sont deux processus indépendants, d’où les nombreuses fautes, très fréquentes, servant par leur arbitraire, le plus souvent à faire de la sélection de classe sociale. En Arabe, rien de tel. Bien qu’en Arabe l’écriture représente également un processus partiellement indépendant de la pensée, ce processus y colle mieux ; car le jeux de construction de la pensée peut se retrouver plus aisément dans le jeux de construction des éléments syntaxiques et grammaticaux. En français on écrit par copie/imitation, en Arabe ont écrit par construction et création.
Si vous-vous demandez comment cela est possible, et si cela peut être vraiment vrai, vous devez savoir que cela ne doit rien au hasard, et que l’Arabe a en fait tout bonnement été conçu dans ce sens.. dans le sens d’être une langue constante et logique, très évolutive dans son vocabulaire, et aisément transmissible. A l’inverse, la langue française à été construite d’arbitraires, sous la pression d’intentions élitistes, de la par d’individus n’ayant qu’une seule grande crainte : celle de voir ceux et celles qui leur sont ( soit-disant ) « inférieurs », devenir leurs égaux ou égales.
Les caractéristiques avantageuses de la langue Arabe se sont clairement exprimé à une époque où l’Arabe était La Langue Scientifique par excellence, à l’instar du rôle aujourd’hui joué par l’anglais. Malheureusement, le jeux des nuisances entre peuples, dont l’histoire est tristement friande, n’a pas vraiment laissez le temps à cette manne intellectuelle et poétique de s’épanouir encore plus pleinement.
L’importance des racines Arabes, a amené les dictionnaires à êtres organisés autour des racines [ note 1 ]. Pour chercher un mot dans un dictionnaire Arabe, on cherchera sa racine, et non pas le mot lui-même. Imaginez une mot « ABCDE », dont la racine soit « BCD ». On cherchera alors « BCD » dans le dictionnaire, pour connaître le sens de cette racine. Puis dans les diverses définitions dérivées de « BCD », on trouvera le sens précis de « ABCDE », qui sera lui-même dérivé, et dans l’esprit, du sens abstrait porté par sa racine « BCD ».
La première chose importante à noter, comparativement à ce qui se passerait avec un dictionnaire de langue Latine, c’est que la définition de notre mot « ABCDE » ne se trouve pas à la lettre « A », mais à la lettre « B » ( dans notre exemple ). Notez bien que dans un dictionnaire Arabe, on ne cherche pas un mot en cherchant sa première lettre dans le dictionnaire, mais en cherchant le première lettre de sa racine.
Vous avez maintenant conscience de l’utilité de la connaissance de la racine d’un mot pour en connaître le sens, et même encore de la nécessité d’utiliser la racine d’un mot pour le retrouver dans le dictionnaire. Vous comprendrez donc comme il est important en Arabe, de savoir deviner ( généralement de trouver à tâtons ) la racine d’un mot.
Vous venez d’apprendre qu’un mot concret est dérivé d’une racine abstraite, en lui ajoutant certaines lettres. Reconnaissons ici, qu’il ne s’agit pas toujours d’un simple ajout de lettres, et qu’il s’agit parfois d’une transformation un peu plus complexe. Ces transformations restent toutes fois toujours assez simples. Pour retrouver la racine d’un mot, il faudra donc faire l’opération inverse, c’est-à-dire enlever les lettres qui ont été ajoutées, ou refaire les transformations à l’envers. La procédure la plus courante sera de retrouver la racine par suppression de certaines lettres du mot.
Il serait un peu illusoire de donner une méthode absolue et formellement exhaustive permettant d’extraire la racine d’un mot Arabe ( ceci est pour l’heure du domaine de la recherche ). Vous allez comprendre pourquoi un peu plus loin. Mais le plus gros du travail est déjà fait quand on a à l’esprit certains principes simples, et que l’on à connaissance de quelques aspects importants qu’il ne faut jamais oublier.
Pour commencez, on remarquera qu’il est plus facile d’ajouter une lettre à une racine, que de retirer une lettre d’un mot pour en retrouver la racine. Il y a deux raisons à cela.
La première est que quand on ajoute une lettre à une racine, la démarche est parfaitement déterministe, tandis que pour retirer une lettre à un mot, on trouve plusieurs possibilités. Imaginons par exemple une racine « ABC », à laquelle on ajoute la lettre « D » en postfixe. On obtiens donc le mot « ABCD ». Imaginons maintenant l’opération inverse, celle qui consiste à retrouver la racine du mot « ABCD ». Il y a quatre possibilités… parce que rien n’indique quelle est la lettre à retirer, étant donné que certains ajouts de lettre sur les racines, se font au début du mot, ou au milieux.
La deuxième difficulté vient du fait qu’une racine peut se voir appliquer plusieurs transformations ou plusieurs ajouts de lettres. Dans ce cas, le nombres des hypothèses possibles que nous venons d’évoquer, s’en trouve encore augmenté.
Il y a heureusement des astuces… Sachant qu’une racine est toujours constituée de consonnes, les lettres qui ne sont pas des consonnes pourront d’abord être identifiée comme ne faisant pas partie de la racine. Vous savez déjà qu’il y a dans l’alphabet Arabe, trois semi-voyelles, dont une qui est en fait toujours une voyelle, sauf en présence d’une hamza : le alif. Le alif peut donc être employé dans une racine, seulement avec une hamza, et de plus, il l’est toujours en début de racine. Comme l’écriture courante, qui omets les diacritiques, omet parfois la hamza ( mais beaucoup moins que les autres diacritiques ), on pourra se fier à la position du alif dans le mot. Si le alif est par exemple en fin de mot, on pourra le supprimer. Si le alif est la troisième lettre, ou après la troisième lettre, on pourra également l’éluder.
Le waw et le ya, qui sont tantôt des voyelles ou parfois consonnes, pourront êtres effacés en priorité par rapport aux autres lettres. Mais elles pourront parfois devoir être conservées. Il n’y aura souvent pas d’autres possibilité que de tenter, puis de revenir en arrière s’il devient évident que l’on est dans une impasse.
Quand il porte une hamza, le ya et le waw, ( comme le alif dans le même cas ), sont toujours des consonnes, et ne devront donc jamais être supprimés.
L’écriture d’imprimerie écrit la hamza sur le ya quand elle est présente, contrairement à ce qui se fait avec le alif. Ceci rendra la tâche plus aisé, puisque qu’on aura jamais le doute de se retrouver face à un ya qui porte peut-être une hamza qui n’est pas écrite. Au contraire, dans l’écriture manuscrite, certaines personnes n’écrivent pas la hamza du ya qui en porte une. Mais dans ce cas encore, vu que la ya portant une hamza n’a pas de point, on reconnaîtra aisément un ya avec hamza, même si la hamza n’a pas été écrite. Un ya sans point, ou avec hamza fait donc toujours partie de la racine ( car il ne fait jamais partie des transformations qu’on applique aux racines, les schèmes ).
La hamza sur le waw est toujours écrite dans l’imprimerie, mais avec l’écriture manuscrite, rien ne trahis la présence d’une hamza si elle n’est pas écrite. Ce cas sera donc un peu plus compliqué que celui du ya, mais la suite se déroule de la même manière.
On supprimera donc toujours un alif dont on est certain(e) qu’il ne porte pas de hamza, ce qui est une certitude s’il se trouve en fin de mot ou à partir de la troisième position au moins. Ensuite, on préservera toujours un ya ou un waw portant une hamza. On saura qu’il est plus facile de reconnaître un ya avec une hamza non-écrite, et que la même chose est un peu moins évidente avec le waw, s’il s’agit d’une écriture manuelle. Le plus souvent, on tentera l’élision, pour éventuellement revenir en arrière, si cela n’aboutit à rien.
La ta-marbuta, qui est la marque du féminin, n’est jamais employée pour les racines. On pourra donc la retirer systématiquement.
La hamza isolée, bien qu’étant une consonne, a un statu à-part, et n’est utilisée que pour être ajoutée aux racines. La hamza isolée sera donc toujours a exclure de la racine.
Si un mot commence par lam ou mim ou ba ou sin ou ya ou ta, il y a souvent de bonnes chances que la première lettre ne fasse pas partie de la racine. Ceci parce que ces lettres sont souvent ajoutées en préfixe pour êtres utilisées comme prépositions ou pour l’usage de la conjugaison. Mais bien sûre, il existe des mots dont la racine commence par l’une de ces lettres. On procédera alors comme pour les trois semi-voyelles, c’est-à-dire en revenant en arrière dès que l’on comprendra que ce n’est pas la bonne solution. Il existe d’autres lettres encore qui peuvent apparaître en début de mot, en tant que préposition ou autre : la liste précédemment données n’est pas exhaustive ( elle sera complétée à l’avenir, à mesure de l’évolution des autres sections du cours ).
De la même manière, certaines lettres, apparaissent souvent en fin de mot. Dans la pratique, les ajouts en fin de mot sont même encore beaucoup plus fréquents, et aussi beaucoup plus diversifiés que ceux faits en début de mot ; et il n’en sera donc pas donné de liste ici ( une telle liste serait trop longue, et elle doit être acquise par l’expérience ). Citons juste comme exemple souvent plus fréquents que les autres ( ce qui est toujours bon à noter ), le kaf, le noun et le ya. Là encore, on reviendra en arrière si nécessaire, pour les mêmes raisons que dans les cas précédemment exposés. Pour imaginer une liste de ces ajouts, prenez la liste des ajouts qui peuvent êtres dirigés par la conjugaison, la mise au masculin ou au féminin, et la mise au pluriel, en oubliant pas que le pluriel est parfois en fonction du cas du mot dans la phrase ( c’est-à-dire de la position du mot dans la phrase ).
Si vous devez extraire la racine d’un mot rencontré dans un texte, la tâche sera plus aisée que pour un mot isolé ( et heureusement, vous serez plus souvent dans le premier cas que dans le second ). En effet, la position du mot dans la phrase, ou relativement à d’autres marqueurs facilement reconnaissables ( comme les pronom-sujets isolés, les prépositions non-affixées, etc ), vous donnera une indication précieuse sur la nature du mot, et donc sur les ajouts dont il aura le plus probablement été l’objet. Car un verbe subit les ajouts que l’on fait à un verbe ( ceux de la conjugaison ), et un nom subit les ajouts que l’on applique à un nom ( pluriel, féminin, masculin, etc ).
En bref, les lettres suivantes peuvent être enlevées pour retrouver la racine : ء ا ب ت س ل م و ي. En prenant garde au fait que lorsque le alif, le waw ou le ya portent une hamza ( إ, أ, ؤ, ئ ), alors il font partie de la racine, et en prenant garde encore que la hamza n’étant pas toujours écrite, devant un mot inconnu, on devra faire les deux suppositions à la fois, c’est-à-dire considérer d’abord l’absence de la hamza, puis sa présence. Si la hamza est écrite, il n’y a bien sûre aucun doute. La hamza isolée ( ء ) ne fait jamais partie de la racine.
Pour vous assurer d’avoir bien compris, ou pour vous permettre de mieux comprendre, nous allons voir 5 exemples de déterminations de racines de mots courants. Les exemples pris, ont été choisis pour êtres assez représentatifs ( mais sans l’être totalement… ce qui est impossible ).
Voici les mots que nous allons nous appliquer à analyser…
Les cas vous sont présentés sous le format suivant :
Le sujet que vous venez d’aborder, est un des plus passionnants de la langue Arabe ( surtout pour les nativ(e)s d’une langue Latine ), et qui vous fera le plus avancer dans la langue Arabe. Car l’Arabe, souvenez-vous en toujours, est une langue très orientée vers le vocabulaire, et dont la plus grande richesse réside dans les subtilités lexicales. Bien que ce qui est exposé dans cette page puisse sembler ardu au premier abord, vous comprendrez avec le temps, que la dimension de cette difficulté devient toute petite comparé au grand nombre de portes qu’elle vous ouvrira. N’en croyez pas pour autant que je vous ai menti en vous disant que l’Arabe est plus simple que le français ou l’anglais, car comprenez bien que un pot de 500g de farine pèse nettement moins lourd que 200 pots de 30g de farine. L’Arabe est dans la première catégorie, tandis que le français et l’anglais même si un peu moins ( et toutes les langues Latines ), sont du deuxième type ( mais les différentes langues Latines ne sont pas si directement comparables ).
J’ai grand besoin de vous pour que cette page vous soit compréhensible. Pour cela j’ai besoin que vous me disiez comment vous avez lu cette page, ce qui vous a parut simple, ce qui vous a parut compliqué. Alors pour que cette page vous soit encore plus utile et claire à l’avenir, n’hésitez pas à faire part de vos questions et remarques via la page de commentaire du site .
Leçon suivante : Introduction aux Schèmes de la langue Arabe
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[Note 1] - Les dictionnaires Arabes n’ont pas toujours eu cette organisation heureuse, et de nombreuses formes d’organisations fantaisistes et cocasses ont existé avant celle-ci. Il n’existe pas encore de page sur le site relatant cette histoire intéressante. Mais si vous êtes intéressé(e) de la connaître, faites part par e-mail de votre intérêt pour cette histoire, et une page à ce sujet sera assez rapidement créée.
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